Glanes de suffragance

Théologie

au contact

Interlocuteurs théologiques

Dès les premiers échanges en paroisse, on sort heureusement du procès en intellectualisme fait au théologien comme du paternalisme de qui prétend apprendre « au contact des gens ». Les situations vécues rappellent rapidement que nul n'occupe ici une position de surplomb. Nous sommes placés ensemble sous les mêmes questions, et le rôle de l'intervenant n'est pas de penser à la place des consciences.

La théologie ne domine pas son sujet. Elle est continuellement interrogée par lui.

❈ Des interlocuteurs de Dieu

La question est sans doute moins de parler de Dieu aux autres que de prendre la mesure de ce que signifie être déjà, ensemble, ses interlocuteurs — dans une relation qui nous précède, nous porte, nous appelle, mais aussi nous met en question.

❁ Sous les mêmes questions

Nul n'occupe ici une position de surplomb. Les désaccords, les blessures, les convictions et les espérances rappellent que nous sommes placés ensemble sous les mêmes questions.

❋ Des consciences devant Dieu

Le rôle de l'intervenant n'est pas de penser à la place des consciences. Chacun demeure responsable du discernement de son existence devant Dieu. Les consciences ne sont pas déléguées.

❁ La théologie elle-même est interrogée

La théologie ne consiste pas à appliquer des réponses toutes faites à des situations concrètes. Elle est sans cesse éprouvée, déplacée et parfois déstabilisée par son sujet.

Retour sur quelques interrogations rencontrées
Le pardon comme attribut de Dieu

Le pardon ne va jamais sans la justice

Les traditions chrétiennes ont beaucoup parlé du pardon. Pourtant, certaines situations nous obligent à reprendre la question depuis le début. Lorsque l’on rencontre des survivants, lorsque le crime est irréparable, les formulations les plus familières cessent soudain d’aller de soi. Comment parler du pardon sans minimiser le mal ? Comment le faire sans ajouter une charge supplémentaire à ceux qui en portent déjà tout le poids ? L’Écriture nous rappelle que le pardon est avant tout un attribut divin et que la miséricorde de Dieu ne va jamais sans sa justice.


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« J'ai compris plus tard et je continue d'apprendre que c'est en vivant pleinement la vie terrestre qu'on parvient à croire... » Dietrich Bonhoeffer

Le deuil

On vit avec

On dit souvent qu'il faudrait « faire son deuil ». L'expression suggère une tâche à accomplir, un processus dont on finirait par sortir. Là encore, n'y aurait-il pas une injonction que l'on fait porter sur celles et ceux qui portent déjà beaucoup ? Les traditions chrétiennes parlent volontiers de consolation et d'espérance. Mais l'Écriture ne promet pas l'effacement des blessures ni l'oubli des absents. Elle raconte aussi des femmes et des hommes qui continuent de porter leurs pertes, leurs larmes et leurs questions devant Dieu. Le Ressuscité lui-même conserve les marques de sa passion. L'espérance chrétienne ne consiste peut-être pas à ne plus porter ses blessures, mais à découvrir qu'elles n'ont pas le dernier mot.


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Le monde est-il le terrain de jeu du Diable ?

Le monde aimé de Dieu

Certaines de nos formulations, parfois jusque dans nos liturgies, donnent parfois l'impression que le monde serait abandonné au diable. La théologie, notamment la théologie réformée, prend très au sérieux la réalité du mal. En rendre compte est un impératif. La création est blessée, le monde est traversé par la violence. Pourtant l’Écriture rappelle que Dieu juge la création bonne et que le monde est objet de son amour. Comme croyants nous affirmons que le Christ est déjà Seigneur de ce monde, même lorsque tout semble indiquer le contraire. Cette affirmation ne rend pas le mal moins réel. Elle disqualifie en revanche toutes les puissances qui prétendent exercer sur le monde une souveraineté ultime.


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  • « Quand nous disons que la foi doit être certaine et assurée, nous n’entendons pas une certitude qui ne soit jamais affectée par le doute, ni une assurance que l’anxiété n’attaque jamais. »

    Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, III, 2, 17.

Mais aussi
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Et maintenant ?